07.05.2008

Les bonnes idées d'un ministre visionnaire

sur le figaro.fr flash actu, nous pouvons lire :

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"Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, a évoqué aujourd'hui à Lille l'idée d'un projet Erasmus pour les professeurs volontaires, à l'avant-veille de la Journée de l'Europe.

Interrogé lors d'un débat au forum "Les rendez-vous des Européens", le ministre a déclaré que pour "nos jeunes" la Communauté européenne "va de soi". "Peut-être faudrait-il que nous fassions un effort plus grand, en revanche, pour nos enseignants", a-t-il ajouté. Par exemple, il faudrait que l'on fasse (...) un Erasmus des professeurs (...), s'ils le veulent, bien sûr", a-t-il dit, en faisant allusion au programme qui permet aux étudiants d'effectuer une partie de leurs études dans un autre pays de l'Union européenne.

"Cela leur redonnerait peut-être de l'intérêt parfois dans leur métier, changer un peu de cadre, aller enseigner ailleurs ou échanger avec d'autres professeurs, voyager, faire valider cette démarche volontaire", a-t-il estimé. "Peut-être que nous avons plus besoin de changer l'esprit des adultes que des jeunes, je crois, (...) pour les faire adhérer à l'Europe", a dit Xavier Darcos."(Source : AFP)

On ne peut pas mieux dire car s'il ne tenait qu'à moi, j'aurais malheureusement ajouté mon point de vue peu flatteur sur le "mammouth enseignants" qui préfère mourir que bouger dans un monde où tout évolue à grande vitesse.

Que les réformes de l'éducation soient aussi contestées est un manque de vision et d'ouverture. Dans quel monde vivent les enseignants ? J'ai entendu dire que ces personnes-là n'avaient quitter les bancs de l'élève que pour s'avancer vers celui du prof. Ils n'ont jamais quitté l'école. Ils ne savent rien du monde du travail dans toute sa réalité. Je me dis parfois qu'ils auraient bien besoin d'expérimenter le quotidien d'un salarié du privé ou même un fonctionnaire autre q'un enseignant. Ils n'auraient plus les mêmes combats... sauf à ce qu'ils soient purement politiquement intellectuels !

 

03.05.2008

La réforme de Xavier Darcos

1709071000.jpgIL est temps que j’intervienne sur la question de l’apprentissage scolaire. De la génération des quadras, je pense faire partie de la dernière génération d’élèves qui a bénéficié des méthodes « traditionnelles » d’apprentissage. Du français et de la grammaire avec, je me souviens, de la conjugaison récitée comme une poésie « e-es-e-ons-ez-ent ; is-is-it-ons-ez-ent » une petite chose que ma propre fille n’a jamais appris de cette façon si simple au point que cette base –même en khagne- lui fait défaut puisqu’elle confond parfois encore la terminaison de la première personne du singulier avec la troisième !
Inutile de dire le choc que je subis lorsque je trouve dans ses copies de Prépa du « is » à la 3ème personne ou du « it » à la première, faute qui me paraît inconcevable ! Oh ! bien sûr, il s’agit souvent d’un défaut d’attention (qui n’en a pas ?) et pourtant, il me semble que de la façon dont j’apprenais, l'assimilation était si mécanique, répétitive qu’il est impossible ensuite de se tromper même par inattention.
 
Aujourd’hui, je vois ma dernière fille au CM2, dont le programme est si… « particulier » : l’apprentissage se veut si ludique qu’à la fin on ne sait plus ce qu’on devait apprendre !
 
Je découvre cette année, que les petites « astuces » dont je bénéficiais « de mon temps » dès le CE1 ou le CE2 pour faciliter l’acquisition n’existent pas pour elle où sont expliquées après un ou deux ans de pratique « aveugle » et donc au résultat positif au gré du hasard !
 
Je trouve qu’il y a un temps fou perdu parce qu’un jour, quelqu’un a pondu que nos enfants ne devaient plus apprendre avec des « astuces » mais « deviner tout seul le pourquoi du comment » ! Probablement quelqu’un qui n’a pas réussi avec la méthode traditionnelle et qui avait des comptes à régler !
Or, qui ne sait qu’en français, la logique et la règle sont sans cesse opposée à l’exception qui elle, repose sur un passé que l’on ne connaît pas.
 
Exiger d’un enfant du primaire qu’il raisonne et analyse avec le cerveau fini d’un adulte est une aberration qui conduit à la démotivation, au sentiment d’incapacité.
 
Non, l’école est selon moi, l’endroit où l’on explique et où l’on donne les bases REELLEMENT et CONCRETEMENT dès que l’on doit assimiler une1074050349.jpg nouvelle connaissance. L’exercice des subtilités me semble entrer en ligne de compte que bien plus tard, lorsque la capacité de réflexion est plus développée.
Ma fille aînée, en khâgne donc, me dit au regard de son parcours d’élève, que même au collège, un enfant moyen ne raisonne pas et est peu enclin à disserter sur les subtilités du langage ou des œuvres à étudier. Tout s’éclaire, selon elle, à partir de la seconde.

Il faut en effet noter que le temps du collège et aussi le temps où l’enfant voit son corps se modifier, où son attention est davantage tourné vers ce qu’il devient physiquement et émotionnellement que vers son potentiel intellectuel. Cela vient ensuite, au lycée, lorsque l’étape de « mutation » est opérée et que l’individu a trouvé enfin une forme d’équilibre entre son corps, ses émotions et son mental.

De fait, le collège aussi est un lieu d’apprentissage qui mériterait d’être adapté à cette situation instable que traverse l’enfant. Il est encore en phase d’apprentissage de base mais en même temps, il croit en avoir fini et être devenu un adulte et capable de penser comme un adulte. Ce qui est faux, le temps le lui prouve... après bien des conflits avec l'autorité.

Bref, pour dire que je ne comprends pas le tollé qui s’élève contre un retour aux fondamentaux (et surtout à la méthode traditionnelle)  si ce n’est par le fait que les enseignants qui exercent aujourd’hui n’ont pas appris à partir de cette méthode, qu’ils ne connaissent pas le « vocabulaire grammatical » qui était le nôtre et que donc, ils appréhendent (ce que je comprends) le retour d’une méthode d’apprentissage qu’ils devront eux-mêmes acquérir pour la dispenser aux élèves.
D’où, cette grogne des professeurs, sur des motifs plus ou moins brumeux, qui ne cache que leur refus de revenir à un travail d’apprentissage.

Il est irresponsable et égoïste de conduire des élèves dans la rue alors que l’éducation nationale montre depuis longtemps que ses programmes ne sont plus en adéquation avec le monde du travail qui attend les élèves à la fin de leurs études. Encourager le statu quo, c’est conduire nos enfants tout droit au chômage, la désillusion et la pauvreté.
 
Je pense à mes enfants lorsque je souhaite la réforme décidée par Xavier Darcos. Je ne pense qu’à eux et à leur avenir.